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Biographie :
Né à Moscou en 1821, fils de Makhaïl Dostoïevski, médecin militaire alcoolique et violent (qui inspirera sans doute en partie le père karamazov) et de Maria Fédorovna Netchaiev, fille douce et résignée issue d’une famille bourgeoise, Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski connaîtra une enfance difficile et maladive (il sera toute sa vie un grand nerveux sujet à l'épilepsie), habitant un petit logement à l’hôpital des Pauvres où son père travaille. Après des études réduites, il rentre à 17 ans, suite à la mort de sa mère, à l'Académie du génie militaire de Saint-Pétersbourg d’où il ressortira en 1844 avec le grade de sous lieutenant. C’est durant sa formation militaire qu’il apprendra la mort de son père tué par des paysans de sa propriété.
Après une vie dissolue et sans le sous, il s’oriente vers l’écriture. Après quelques traductions, il publie à 23 ans son premier écrit, Les pauvres gens. D’abord encensé par la critique, il se voit ensuite considéré comme n’étant qu’un simple imitateur de Gogol. Il fuit alors les cercles littéraires et se lie avec un groupe de libéraux, le cercle de Petrachevski qui, clandestinement, tentait de préparer les paysans à la révolution socialiste. Il est alors arrêté et condamné à mort, peine commuée en 4 années d'emprisonnement suivies d'un exil en Sibérie de 5 années. Il revient diminué physiquement et moralement de ces travaux forcés (Souvenirs de la maison des morts)). Mais aussi changé par la lecture de l’Evangile et la découverte de la bonté de l’homme. Il est, à l'expiration de cette peine, intégré à l’armée comme simple troupier ou il servira 3 années avant d’être autorisé à regagner St Petersbourg où il fonde une revue.
Il se marie en 1857 avec Maria Dimitrievna, une jeune veuve tuberculeuse, qui mourut quelques années plus tard. En 1861 il rencontre Pauline Souslova puritaine mais passionnée et sensuelle (pré-incarnation de la "femme" des romans de Dostoïevski) avec qui, il parcoura l’Europe de 1862 et 1863. Fréquentant les casinos, il perd tout son argent et se voit ainsi contraint d’accélérer la rédaction de ses écrits (d'où parfois l'aspect décousu de certain de ses textes rédigés dans la précipitation). Il engage pour cela Ania Snitkina comme sténographe, jeune fille de 25 ans sa cadette qu’il épousera en 1866. Sur le point d’être arrêté faute de pouvoir honorer ses dettes, il s’expatrie.
Le succès de ses écrits lui permettent néanmoins de mettre fin à cet exil. Quand il regagna la Russie en 1873, la réputation littéraire de Dostoïevski avait acquis une dimension et une ampleur internationales. Il meurt en 1881. Trente mille personnes assisteront à son enterrement.
Comme pour Tolstoï, le succès de Dostoïévski tient tant à son art qu'à sa posture de moralisateur. Ainsi, tant dans sa vie que dans son travail d'écriture, Dostoïevski a été aux prises avec une profonde inquiétude métaphysique, et habité par une foi ardente dans le Christ et le peuple russe. Mûrie par l’expérience de la prison, la pensée moralisatrice de Dostoïevski transparaîtra alors dans tous ses écrits. Ainsi, tous les romans qui suivront reprendront la même thèse : en rejetant Dieu, il n’y a plus de moralité possible, tout étant permis par une loi sociale ne pouvant prétendre à être un absolu là où elle n’est que convention. Par cette posture morale, Dostoïevski remit fortement en cause les conceptions des radicaux et des nihilistes qui prévalaient alors dans le débat social. De ce fait, Dostoïevski se solidarisa avait ce qu’il y avait de plus rétrograde en se faisant notamment parfois le chantre le l’orthodoxie russe qui était selon lui « la vérité et le salut du peuple russe et de l’humanité » trahissant en cela le Christ pour le Tsar.
Quant à son art, Dostoïevski sera ce réaliste de l’intérieur, dépeignant dans ses écrits les âmes humaines dans leurs contradictions et leurs destinées tragiques. Il se plaît à dépeindre des malades, des souffrants, des victimes, à étudier les drames du crime et du remords. Les décors sont accessoires, la nature et les joies rares…. Les atmosphères sont dramatiques, angoissantes. Avec Dostoïevski, l’homme redevient un mystère, reconquiert sa complexité. Son œuvre s’oppose ainsi à la philosophie mécaniste et au déterminisme incapables de restituer l’homme dans sa pensée et ses motivations profondes : en replaçant l’inconscient, l’irrationnel, comme moteur de l’homme, Dostoïevski a enrichi notre vision de l’homme.
Ressources :
Interview
Documents et textes
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Bibliographie :
Oeuvres présentées :
Le double
Crime et châtiment
Le joueur
L'Idiot
L'éternel mari
Les Possédés
Les frères Karamazov
Un cœur faible
Une sale histoire
Le crocodile
Un honnête voleur
Monsieur Prokhartchine
Autres oeuvres :
Le rêve de l'oncle
Les pauvres gens
Humiliés et offensés
L'adolescent
Souvenirs de la maison des morts
La logeuse
Polzounkov
La femme d'un autre et le mari sous le lit
Le Sapin et le Mariage
Les nuits blanches
Nétotchka Nezvanova
Le petit héros
Le Bourg de Stépantchikovo et sa population
Les carnets du sous-sol
Bobok
Petites images
L'Enfant à la menotte
Le Moujik Maréï
Douce
La Centenaire
Le Rêve d'un homme ridicule
Le Triton
Roman en neuf lettres
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