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Biographie :
Nicolas Nekrassov naît en 1821 dans le gouvernement de Iaroslavl où sa famille possède une modeste propriété. De son père, ancien officier violent et ignare, et de sa mère, une femme apeurée et romantique, l’auteur hérita du goût pour la chasse, des cartes, mais surtout celui de la poésie à laquelle il s’adonne dès son jeune âge.
A l’âge de 17 ans, il est envoyé par son père à St Petersbourg afin de s’inscrire à une école militaire. Préférant désobéir, il s’inscrit en auditeur libre à l’Université. Son père le prive alors de ses revenus. Afin de subvenir à ses besoins, Nekrassov, qui vit de petits travaux littéraires, fait publier ses vers de jeunesse et connaît un échec cinglant.
Marqué par cette déconvenue et par les épreuves qu’il doit endurer, les vers de l’auteur, de romantiques et sentimentaux, se font plus cyniques et satyriques. Plus conformes aux attentes de l’époque, ses vers qui dénoncent notamment l’immoralité du monde officiel au nom de la morale populaire outragée seront alors publiés par Bielinski. Mais Nekrassov doit surtout son succès à ses productions plus personnelles lorsqu’il dépeint notamment le monde paysan qu’il a si longtemps côtoyé. Ancrant ses vers dans la vie paysanne à partir des années 1850, ses œuvres, alliant réalisme impeccable et didactisme discret, connaîtront un vif succès.
Parallèlement à son travail d’écriture, Nekrassov s’était orienté, suite à son premier échec, vers le journalisme et l’édition. Ce choix l’amènera, à partir de 1947 et pour plus de 30 ans, à diriger les 2 principales revues littéraires de l’époque (le Contemporain et les Annales de la patrie).
Nekrassov décède en 1877.
La place de Nekrassov dans la littérature russe a longtemps fait débat. Peut être hâtivement considéré de son vivant comme le meilleur poète russe, Nekrassov demeure le poète majeur de la seconde moitié du XIXième siècle. On lui doit notamment d’avoir fait rentrer la vie populaire au nombre des thèmes de la poésie nationale, dépeignant dans ses vers la misère et les joies du monde des campagnes auquel il opposait l’existence artificielle de la capitale impériale.
Ses vers, alliant lyrisme et satire, parviendront avec plus ou moins de bonheur à concilier intention didactique et nécessités de l’art, laissant de ce fait à la postérité une production à la qualité bien inégale. Ses véritables qualités transparaîtront dans ses œuvres plus personnelles où il pourra exprimer toute sa sensibilité d’artiste. Son chef d’œuvre, Qui vit heureux en Russie est le parfait exemple de cette synthèse impossible entre l’art utilitaire et l’esthétique. Cette fresque gigantesque sur la vie paysanne offre une qualité d’ensemble médiocre, le texte perdant son unité dans les visées didactiques trop vastes. Mais certaines scènes de cette vie bariolée au réalisme impeccable nous ont donné certains des plus beaux vers de la littérature russe.
On doit aussi à Nekrassov d’avoir fortement contribué à l’essor de littérature russe en dirigeant pendant plus de trente années les deux principales revues du siècle et en favorisant la diffusion d’auteurs comme Tolstoï.
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