Fils de Leonid Pasternak, peintre et professeur à l'Ecole des beaux-arts de Moscou (il est par ailleurs l’illustrateur préféré de Tolstoï, un proche de la famille) et de la pianiste Rosalia Kaufman, Boris Leonidovitch Pasternak naît à Moscou en 1890. Sensibilisé dès le plus jeune âge à l’art, il s’oriente vers des études de philosophie qu’il réalise notamment en Allemagne durant une année (1913). Son premier recueil de poésies (Un jumeau dans les nuages) paraît, dans le plus grand anonymat, l’année suivante.
Durant la première Guerre Mondiale, il enseigne et travaille dans une usine chimique dans l'Oural. Cette expérience nourrira plus tard son Docteur Jivago.
Il doit attendre 1917 et son recueil suivant, Ma sœur la vie, pour connaître ses premiers succès auprès du public.
Si Pasternak adhère et salue la Révolution il ne peut toutefois concevoir que l'art puisse obéir à des impératifs politiques. Son récit en grande partie autobiographique Sauf-conduit (1927) peut ainsi se lire comme une profession de foi et une apologie de la poésie face à l'idéologie communiste. Pasternak ne peut aussi que déplorer rapidement la distance grandissante entre l’idéal révolutionnaire et la pratique communiste.
Rien d’étonnant à ce que sa relation avec le pouvoir soit dès lors conflictuelle. Censuré à plusieurs reprises, il décide dès 1936 (après plusieurs dépressions) de cesser toute activité publique. Le procès de Boukharine (1938) mènera Pasternak sur le chemin de la dissidence silencieuse. Echappant aux purges (certains prétendent que Staline appréciait ses écrits), son activité se borne alors à un important travail de traduction (Verlaine, Shakespeare, Goethe et Schiller). Seule la guerre viendra rompre cette quiétude. Participant à la défense civile de la capitale, on lui doit alors de poignants poèmes patriotiques.
Sa relation avec les autorités finira de se détériorer avec l’attribution du prix Nobel en 1958 décerné à l’auteur du Docteur Jivago (qui parait en Europe dès 1957) . Exclu de l'Union des écrivains soviétiques, privé de tout moyen d'existence légal et menacé d'exil, Pasternak est sommé de décliner la récompense, s'épargnant par la même à lui ainsi qu'à ses proches de lourdes sanctions…
Il meurt deux ans plus tard des suites d'un cancer. Il faudra attendre 1988 pour voir son roman culte en URSS.
Pasternak demeure sans doute le poète le plus connu du XXe siècle, la musicalité et les images pittoresques de ses vers ayant marqué l’inconscient populaire.
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