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Des origines à la fin du XVIIIème siècle
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Age d’or de la poésie (1800-1850)
Si les écrits de Pouchkine et de Lermontov marquent l’avènement de la littérature russe après une longue période d’apprentissage, leurs œuvres ont surtout contribué à faire de cette première partie du XIXème siècle l’âge d’or de la poésie en vers. Celle-ci sera marquée, comme l’ensemble de la littérature russe, par les évolutions des genres littéraires. Ainsi, comme partout en Europe, la littérature russe voit, en ce début de XIXème siècle, le sentimentalisme supplanter la raison avec des écrits faisant la part belle aux émotions et à de nouveaux thèmes : aux longs discours succèdent la beauté de la nature, la pureté morale, l’existence saine de l’homme du peuple. Succédant au sentimentalisme, ce début de siècle voit aussi poindre le romantisme. Cependant, ce courant marqua relativement peu la littérature russe qui vint rapidement butter sur le réalisme.
I - L’âge d’or de la poésie : Pouchkine
Les genres littéraires évoluèrent durant le XIXème siècle. Ainsi, si le roman, la nouvelle et le théâtre en prose devinrent peu à peu les genres littéraires favoris des écrivains à partir des années 30, la poésie domina la littérature russe de la première partie de ce XIXème siècle sous les plumes notamment de Pouchkine et de Lermontov (voir plus loin).
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Pouchkine |
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Classer Pouchkine dans les poète est forcement réducteur, tant cet auteur toucha avec génie à tous les genres. Mais la prose fut pour lui secondaire. Vers la fin de sa jeune existence, alors que la prose remplaçait les vers dans ses écrits et le réalisme supplantant le romantisme, il dira : « la poésie a tari ses sources pour moi, me voici enfoncé tout entier dans la prose. » Pouchkine incarne encore aujourd’hui la grâce, la perfection artistique poussée jusqu’au génie. La limpidité des vers, la justesse de son expression le font considérer par beaucoup comme le meilleur poète de la littérature russe, voire comme le premier véritable auteur de la littérature russe.
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Les contemporains de Pouchkine furent nombreux à profiter du succès de ses vers : les années 1825-1835 verront une multitudes d’artistes qui, sans égaler le maître, donneront de jolis vers. Parmi ceux-ci, ceux de Koltsov (1808-1842), se distingueront par leurs sujets simples de la vie pastorale, vantant la beauté de la fleur qui pousse. Pour ne pas avoir été formatée par les genres et styles européens, sa poésie est proche de la poésie du peuple, de ses sonorités.
II - L’évolution des genres : l’impact du réalisme
1 - Le sentimentalisme
Si Derjavine (1747-1816) avait laissé poindre dans ses vers quelques accents émus, c’est Joukovski (1783-1852) qui encra le sentimentalisme dans la poésie dans un écrit délaissant définitivement le slavon. Si ses œuvres sont souvent des traductions très personnelles d’auteurs occidentaux ou percent l’irrationalité fantastique loin des réalités concrètes de leur traducteur, elles ont, portées par le succès de leur sentimentalisme, contribuées au développement de la littérature par l’abandon du slavon et la création de nouveaux rythmes. Batiouchkov (1787-1855), qui sombra rapidement dans le folie, offrit à la littérature russe quelques jolies vers suaves proches des sonorités italiennes. On doit à Karamzine (1766-1826) d’avoir le premier fait basculer la prose dans le sentimentalisme, son ouvrage Lettres d’un voyageur Russe, servi par une écriture simple et élégante, dépeignant les sentiments de l’auteur visitant l’Europe. Les nouvelles qu’il rédigera par la suite feront la part belle à cette douceur sentimentale.
2 - Le romantisme et Lermontov
En réaction contre le classicisme français, rationnel et impersonnel, qui avait marqué toute l'Europe, le romantisme qui fit son apparition au début du siècle, se caractérise par une volonté d'exprimer les extases et les tourments du cœur et de l'âme. Il est aussi bien souvent l’expression d’une sensibilité passionnée et mélancolique.
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Lermontov |
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En cela Lermontov est sans doute le seul véritable romantique de la littérature russe.
Moins éclatant que Pouchkine, Lermontov possède la profondeur de la pensée qui pouvait manquer au premier. Peu sociable, en proie à de sombres états d’âme, il meurt très jeune (il a 27 ans) lors d’un duel. Sentiment dominant toute la poésie de Lermontov, la révolte contre la société s’exprime pleinement dans son œuvre Un héros de notre temps. Cet écrit exprime toute la lassitude du héros face à une existence absurde (au fond, proche de celle d’un auteur avide d’action), où les capacités et l’envie ne trouvent pas d’emploi dans une société briseuse d’élans et empêtrée dans ses préjugés et ses traditions désuètes.
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3 - Le rapport à la réalité
La littérature russe des années 1840-1880 sera, indépendamment des styles ou des genres de chacun, marquée par le réalisme des œuvres, échos à la situation de crise sociale et culturelle de la Russie de ce siècle oscillant entre changements et répressions. Cette confrontation à la réalité attisée par la révolution manquée des décembristes (1825) et celle survenue en France en 1830, amena l’ensemble des élites à s’interroger quant au devenir de la Russie et aux solutions à apporter. Ce glissement progressisme vers le réalisme ce perçoit dès le début du XIXèm siècle.
Deux grands auteurs tenant du réalisme marqueront le début du siècle. Griboïedov.(1795-1829) proche des décembristes, met en scène dans sa comédie sociale Le malheur d’avoir trop d’esprit, la situation tragique mais au combien d’actualité dans une Russie où la censure s’abat, de l’homme qui comprend et qui parle. Posant notamment la question du servage, cette pièce ne fut pas jouer du vivant de son auteur en raison de la censure. Ce texte est souvent considéré comme étant la meilleure comédie russe écrite jusqu’alors tant en raison de son style éblouissant de concision et d’esprit qu’en raison de sa richesse, cet écrit fourmillant d’idiotismes de la langue parlée et d’expressions proverbiales. Dans un autre genre, Kriylov (1768-1844) marqua la littérature russe avec ses fables, genre alors en vogue tantôt empruntant ses sujets à l’étranger, mais bien souvent les inventant lui-même. Egal de La Fontaine, on lui doit plus de 200 fables peignant avec malice et finesse toute la société russe dans son
ensemble mettant à profit la richesse de la langue populaire.
Par la suite, et à sa manière, Pouchkine avait contribué à l’essor du réalisme : le triomphe de Tatiana sur Eugène Onéguine est aussi celui de la réalité sur l’artifice. Si les vers de Pouchkine respirent l'amour de la liberté, reflètent son amour pour la Russie, ils sont aussi sans complaisance : les critiques, souvent exprimées sous forme humoristique, y sont fort nombreuses et lui vaudront l’exil dans le Caucase.
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Gogol |
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Dans un autre registre, l’œuvre de ce maître du rire que fut Gogol (1809-1852) contribua à l’affirmation de ce réalisme social. Première grande figure militante, esprit énigmatique en proie à un certain mysticisme, il connaît le succès avec ses nouvelles Les soirées du hameau narrant son Ukraine profonde, cette Provence russe d’alors. A ces descriptions vivantes teintées de fantastique et de diablerie succèdent ses Nouvelles de Petersbourg. Naturaliste de la société, l’auteur s’y exprime avec un ton plus sarcastique et satyrique. Le comique de sa plume n’empêche pas de faire de Son manteau le premier plaidoyer des humiliés. Le Revizor, satire sociale de la haute bourgeoisie, et son œuvre inachevée Les âmes mortes, galerie de portraits acides des types russes, poursuivront ce chemin vers le réalisme.
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