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La femme qui attendait
MAKINE Andréï
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La note des lecteurs :
(2 avis)
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En bref
Genre : roman
Epoque évoquée : les années 1970
Présentation : (Ed. Seuil / 2005)
Véra est l'un de ces êtres que Dostoïevski appelait " héros de l'extrême frontière ". Engagés à corps perdu dans leur quête spirituelle ou amoureuse, ils se débattent à la limite de la folie mais aussi de la vérité souveraine. Celle, charnelle et cosmique, qui exprime le dense mystère de leur vie, si humble d'apparence. La folie de Véra est d'attendre l'homme qu'elle aime, de refuser l'oubli, d'arracher à la solitude les âmes abandonnées par ceux qui préfèrent oublier. Mais surtout de garder l'espérance. Malgré tout. De la rencontre avec cette héroïne de " l'extrême frontière ", nous sortirons transfigurés, illuminés par l'intensité de son amour, de sa foi. Andreï Makine nous offre, après Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1999) et La Musique d'une vie (grand prix RTL-Lire 2001), un incroyable frisson de grâce.
L'avis des lecteurs : « Attente et espoirs dans cette Russie enneigée du fin fond de la Sibérie. Récit intimiste entre deux êtres si différents dans le silence des flocons. Lecteur très agréable. » Note : 4/5.
« Un roman qui se boit comme du petit lait... » Note : 4/5.
Le résumé
Années 70. Fuyant la gaieté poussive des intellectuels de Leningrad, ce cercle étroit de fumée et d’alcool aux relents d’occidentalisme de pacotille, cette subversion facile, et surtout cette sexualité soit disant libre mais si douloureuse, un jeune écrivain de 26 échoue à Mirnoïé, village du grand Nord, proche d’Arkhangelsk : sous couvert d’y recueillir des éléments de folklore local, il espère trouver là bas des éléments pour sa satyre sociale contre ces gens dont « la résignation consolide la société carcérale dans laquelle ils évoluent. »
Mais très vite le regard acerbe et cynique de l’auteur se trouve balayé par les vents glacés, le silence assourdissant de la neige et de celui des rares habitants du village. Et particulièrement par le silence de Véra. Agée de 47 ans, celle-ci attend depuis plus de 30 années le retour de son amour de jeunesse partit à la guerre, passant ses journées à enseigner à l’école du village voisin et à s’occuper des vieilles veuves.
Incapable de comprendre, d’accepter cette attente, cette vie stérile, « ce temps planant, suspendu », notre narrateur amoureux maladroit, cherchera à comprendre, à expliquer ce célibat par l’absurdité de l’Histoire : faute d’homme après la guerre, Véra était devenue vieille fille, puis icône. Sauver Véra, lui montrer qu’elle peut partir, quitter cette image, devint l’obsession de l’auteur... Obsession qui volera en éclats lorsqu il apprendra que Véra n’a pas toujours vécu dans ce trou. Non, Véra n’est pas cet être doux et innocent : cultivée, ayant suivi durant près de 10 années des études à Leningrad, ayant fréquentée alors les mêmes cercle de dissidents que l’auteur, elle préféra revenir dans son village, ne se sentant pas à l’aise dans cette époque, là bas.
Ce n’est qu’après avoir appris que son ami d’enfance avait refait sa vie à Moscou, préférant ainsi la gloire des héros au sort des kolkhoziens, que Véra acceptera de se donner à ce prétendant maladroit et aigri par la crainte absurde de voir cette femme dans d’autres bras. Rencontre sans plaisirs, ni avenir, si ce n’est la fuite du narrateur abasourdi par la jouissance consommée et le silence obstiné de Véra. Non, une vie beaucoup trop claire et douloureusement simple face à des analyses savantes, à un besoin de comprendre stérile.
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