littérature russe
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La fille d'un héros de l'Union soviétique
MAKINE Andréï
La note des lecteurs :

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En bref

Genre : roman

Epoque évoquée : de la Seconde Guerre Mondiale aux années 90

Présentation :
(Ed. Gallimard / 1996)
« Il semblait que le monde allait tressaillir et qu'une fête sans fin allait commencer ici et sur la terre entière. » Olia est née, un jour de novembre, dans cette atmosphère de liesse de l'après-guerre où tout paraissait possible.
Mais les rêves que construit Ivan, le héros décoré de l'Etoile d'or de l'union soviétique, à la naissance de sa fille ne sont qu'illusions.

Dans ce premier roman, Andreï Makine brosse le portrait d'une génération perdue, dans une langue superbe de vérité.

L'avis des lecteurs :
« Je découvre l'écriture et l'univers de Makine. Et je reste sous le charme de cette Russie desanchantée et silencieuse dont le passé s'estompe et qui se voit confrontée à un présent qu'elle ne peut comprendre. Un roman poignant. » Note : 4/5.


Le résumé

Sauvé de la mort par Tatiana, alors infirmière, Ivan, Héros de l’Union Soviétique décoré de l’Etoile d’or, promet à celle-ci de l’épouser une fois le conflit terminé. Mais la guerre va transformer Tatiana en infirme à la santé fragile. Alors que son Etoile d’or lui ouvrirait bien des cœurs, Yvan se résout à honorer sa promesse. Et à l’image de cet amour modeste, se dessine alors une vie simple, dans un village retiré, Yvan et Olia « prenant lentement l’habitude de l’autre » dans cette vie propre et paisible.

Mais la sécheresse de 1946 sera fatale à leu premier enfant. Suite à ce décès et afin de fuir la famine, le couple s’installe alors à Borissovo. Plusieurs années d’une vie modeste passeront dans cet appartement communautaire au sein duquel ils ont été logés ; vie rythmée par les récits aux jeunes générations, chaque année pour la fête de la victoire, de la Grande Guerre, récits officiels de luttes héroïques et de rencontres romantiques qu’ils finirent par prendre pour réels. Puis viendra la naissance, au début des années 60, de leur fille, Olia. Interprète auprès d’athlètes étrangers lors des jeux olympiques de 1980, cette dernière sera surprise alors qu’elle flirte avec l’un d’entre eux. Afin de ne pas déshonorer son père, le KGB accepte de passer l’affaire sous silence si elle accepte de travailler en tant que hôtesse auprès d’hommes d’affaire étranger, couchant la nuit avec ces derniers afin de leur usurper des informations.

Peu de temps après, sa mère décédera dans une bousculade survenue dans l’une de ses nombreuse files d’attente devant les magasins, l’éclat d’obus logé dans sa poitrine depuis la guerre perforant son cœur. Seul, enfermé dans un passé glorieux que les nouvelles générations ont depuis longtemps oublié, Yvan plonge alors dans l’alcool. « Je dure trop longtemps. J’aurais dû partir plus tôt. On m’aurait enterré avec tous les honneurs. » C’est sur le point de se suicider qu’il reçoit un courrier de sa fille l’invitant à la rejoindre à Moscou afin de faire connaissance avec les parents de celui qu’elle espère pouvoir épouser, bien que cet espoir soit illusoire ; espoir né d’un rêve hâtif d’une femme désireuse de quitter à tout prix sa condition…

A la désillusion de la fille suivra celle du père qui découvrira la véritable activité de sa fille ; découverte qui lui sera fatale puisqu’il succombera à une crise cardiaque. Afin de couvrir les frais de l’enterrement, Olia sera contrainte de vendre l’Etoile d’or de son père et de se prostituer.

Après s’être réfugiée dans l’espoir soudain et inattendu d’une naissance à venir et dans « cette vie grise et tranquille » à Borissov, Olia décide de se faire avorter et de regagner Moscou.